Qu’est ce que la Cataracte?

La cataracte vient du mot latin « Cataracta », qui signifie chute d’eau et qui évoque la difficulté à voir au travers d’une chute d’eau (une vision trouble et peu nuancée en couleurs).
La cataracte s’explique par l’opacification du cristallin. Manquant de souplesse, le cristallin (petite lentille transparente et souple), n’arrive plus à faire son rôle de « mise au point » de l’image perçue. Les images deviennent floues (sensation de voile), la perception des couleurs s’amoindrit, …

Les types de cataracte

  • La première, la plus fréquente, est la forme dite « sénile », qui survient avec l’âge.
  • La deuxième, la forme « traumatique » qui fait suite à des blessures, brûlures, coups,…
  • La dernière, est la forme dite « secondaire », qui est causée par des maladies ou l’utilisation de certains médicaments.

Les symptômes

Il existe de nombreux symptômes à la cataracte :

  • baisse de l’acuité visuelle,
  • sensation d’un voile devant les yeux,
  • vision troublée, voir dans certains cas doublée (diplopie),
  • vision obscurcie,
  • éblouissement,
  • perception des nuances de couleurs amoindrie,
  • conduite nocturne difficile,
  • myopie accentuée.

Traitement

Quelle que soit l’origine de la cataracte, il n’existe qu’un seul moyen pour en venir à bout, c’est la chirurgie.
La technique est éprouvée depuis des années et consiste à extraire le noyau du cristallin, tout en conservant l’enveloppe. Le noyau sera remplacé par une lentille qui fonctionnera à la place du cristallin vieilli et opaque. Cela permet de rétablir la clarté de l’axe optique.
C’est une opération quasiment indolore, rapide, sous anesthésie locale.
Par contre les yeux ne s’opèrent pas en même temps. Quelques semaines séparent les 2 interventions.

Les implants

Trois types d’implants existent :

Le monofocaux : Ce sont les implants les plus utilisés (environ 90% des cas), ils permettent de restituer une vision nette sans lunette à une distance donnée, la plupart du temps de loin, mais également en vision de près ou intermédiaire.

Les multifocaux : Utilisés dans 5 à 10 % des cas et permettent de restituer une vision nette de près et de loin sans port de lunettes. Ces implants tendent à se développer et les progrès techniques réalisés permettent une grande amélioration de le vision. Dans 90% des cas les patients se séparent de leurs lunettes.
Les implants sont diffractifs, constitués de marches concentriques, qui permettent de séparer un foyer de loin et un foyer de près.
Ils peuvent être utilisés:

  • si les deux yeux sont à opérer
  • si le patient n’est pas sujet à une myopie forte
  • si le patient n’est pas diabétique
  • si le patient n’a pas d’autres pathologies oculaires que la cataracte (tel que DMLA, glaucome,…)
  • chez les patients désireux de ne plus porter de lunettes.

Par contre il sont à proscrire pour les personnes qui conduisent souvent de nuit, car ils peuvent induire des halos gênant autour des phares de voitures ou bien lampadaires.

Les toriques : Généralement préscrits dans 5 à 10 % des cas, il permettent la correction de l’astigmatisme cornéen pour une mesure supérieure ou égale à 1,25 dioptrie.

Mode opératoire

Avant : Comme pour toute opération, il y aura au préalable une consultation avec l’anesthésiste, en accord avec le chirurgien, pour décider du type d’anesthésie. Mais également un examen complémentaire nécessaire au calcul de la puissance de l’implant.
Il est également possible qu’un traitement pré-opératoire soit prescrit.

Pendant : L’intervention est de courte durée, environ un dizaine de minutes, mais une immobilisation post-opératoire est nécessaire, quelques heures pour surveiller le patient.

Après : Suite à l’intervention, un traitement qu’il est impératif de suivre (collyres), sera prescrit au patient ainsi que le port d’une coque de protection nocturne.
En cas d’apparition ou d’aggravation de rougeurs, d’une douleur ou d’une baisse de vision de l’oeil opéré, il est impératif de prévenir son chirurgien.
Il faudra éviter tout traumatisme de l’oeil, afin que le résultat visuel ne soit pas compromis et éviter l’exposition de l’oeil aux poussières ainsi que les bains en piscine pour éviter les risques d’infections.

Résultat

La netteté de la vision revient très rapidement et suivant le type d’implants placés, il est même possible de corriger la vue pour les personnes atteintes de myopie, d’astigmatisme, de presbytie ou encore d’hypermétropie.

Les risques

Même si la chirurgie de la cataracte est devenue très sûre, le risque zéro n’existe pas.

L’infection (endophtalmie) est la complication la plus grave, mais elle ne survient que pour 1 cas sur 2000. Pour parer à cette infection des antibiotiques sont, systématiquement, injectés dans l’oeil en fin d’intervention.

L’endophtalmie survient quelques jours après l’opération, elle se manifeste sous forme de baisse de la vision, d’oeil rouge et de douleur. C’est une urgence thérapeutique qui nécessite des injections antibiotiques endoculaires et intraveineuses. Il arrive que les antibiotiques ne fonctionnent pas et qu’il soit nécessaire de procéder à une seconde intervention ; la récupération finale est incertaine et peut aboutir à une perte de vision totale et définitive.

Le décollement de la rétine est surtout fréquent chez les myopes après une opération pour la cataracte, cela reste une complication rare, mais qui nécessite une intervention chirurgicale.

L’œdème maculaire est rare mais se soigne aisément avec des gouttes ou des injections de cortisone.

La rupture capsulaire survient dans moins de1% des cas.

L’opacification capsulaire postérieure ou cataracte secondaire est la complication la plus fréquente, elle se traite aisément par ouverture capsulaire au laser YAG.